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Tell me, and I will know.
Show me, and I will understand.
Involve me, and I will remember.
L’adage ci-dessus figure dans presque tous les manuels sur les processus d’apprentissage. Et j’imagine qu’à gauche et à droite il y a des directeurs de personnel qui ont décoré leur bureau de la même pensée profonde. L’auteur de la pensée est anonyme, il existe des douzaines de versions différentes, mais elles reprennent toutes l’essentiel : au plus le receveur d’un message est impliqué dans le processus de communication, au plus l’impact de la communication.
En tant qu’exposant, nous voulons tous un effet (souhaité) maximal auprès d’un ou plusieurs groupes-cible. Ce qui fait que la troisième option nous convient le mieux : Involme me, and I will remember. Impliques-moi et je m’en rappellerai.
Lors des sessions de training pour les responsables de projet, il y a toujours une certaine nervosité chez les participants quand je leur dis que leur concept de présentation offre aux visiteurs peu en termes d’expériences. La plupart des participants se tiennent immédiatement sur la défensive : « Oui, mais, le budget… » D’autres fois, l’argument est qu’il s’agit d’un salon dit technique et que le groupe-cible consiste en des ingénieurs ou – pire encore – que la société a une bonne réputation et une image de sérieux et qu’elle ne s’occupe pas de ces jeux-là.
Les sociétés qui se prennent elles-mêmes très au sérieux ont tendance à prendre trop peu au sérieux le visiteur. C’est-à-dire, elles dépensent beaucoup plus d’attention à leurs propres produits et processus qu’aux besoins et attentes des clients potentiels. Tout spécialiste du marketing sait qu’avec une telle attitude, tôt ou tard, il va y avoir de la casse. Pourtant, c’est ce qu’on voit trop souvent sur un stand : « Moi, je suis l’exposant. C’est moi qui ai fait l’effort d’installer toute ma boutique ici. Sois content, toi visiteur, que je te tolère sur mon stand. » Plus d’une fois, le stand est un habit de parade qui miroite l’infatuation de la société qui l’a fait construire.
Deuxième argument : notre groupe-cible consiste en ingénieurs et techniciens. Eux, ils veulent un discours technique, pas d’interaction ou d’expérience. Encore une erreur ! Même le plus professionnel des visiteurs professionnels, considère sa visite comme une petite sortie. Bien sûr qu’il est là avec des motifs professionnels, mais en plus de ça il veut vivre quelque chose. Idéalement, il vit quelque chose qu’il peut raconter le soir, chez lui ou dans le bistrot. Une histoire forte, - ou quelque chose qui va dans ce sens. Au plus les exposants qui contribuent à la création d’une histoire qui tient, au plus le visiteur s’implique dans l’événement. Jusqu’au point où il en devient l’avocat.
Autre objection formulée souvent : notre budget ne permet pas d’interaction avec le visiteur. Ici aussi, il s’agit d’un argument peu valable. Exposants et responsables de projet sont inclinés à penser que interaction a à faire à des campagnes Barnum, - et des budgets à l’avenant. Est-ce qu’il y a des alternatives ? Bien sûr que oui! La seule condition est que, en tant que fabriquant ou vendeur, on puisse prendre un minimum de distance de ses propres produits et services. Ca demande un peu de courage, un peu de créativité, voire même un peu d’autocritique. Qui veut vraiment impressionner les visiteurs sur un salon, sera mieux servi avec ces trois talents-là qu’avec un grand budget.
Au dernier Salon des Vacances à Brussels Expo, quelques stands donnaient le bon exemple en termes d’interactivité et d’expériences pour le visiteur. L’Office de Tourisme de la Suisse, par exemple, qui essayait d’enthousiasmer les visiteurs pour le championnat Européen de foot à travers d’un challenge d’agilité. Spectacle garanti – aussi bien pour les candidats que pour les spectateurs. Et donc bien trouvé, en parfait accord avec le message à passer. Même agréable surprise sur le stand de la Guadeloupe, où les visiteurs étaient invités à fabriquer leurs propres bonbons à l’aide d’une fontaine au chocolat. Depuis peu, on cultive de nouveau du cacao biologique sur l'île, au salon, on voulait en faire une histoire…à raconter.

Le prix pour l’interaction la plus charmante – et la plus simple – avec le visiteur va vers le stand de l’ambassade Japonaise. Là, deux collaborateurs extrêmement adroits invitaient les visiteurs à les rejoindre dans un exercice d’origami : faire une petite figurine d’un bout papier. Très Japonais sans doute et très amusant pour les visiteurs, qui pouvaient emporter le fruit de leur travail chez eux. Très économique aussi, car la seule chose dont on a besoin est une rame de papier à plier.
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